Il n'existe pas une seule façon d'obtenir un fichier de restaurants français, mais une dizaine, réparties en six grandes familles. Chacune a un profil de coût, de fraîcheur et de conformité très différent. Ce panorama passe en revue toutes les options du marché, y compris celles qui concurrencent directement Base-Restaurants.fr, avec leurs forces et leurs limites.
1. Les registres officiels et légaux
La source de référence est la base SIRENE de l'INSEE, diffusée gratuitement en open data sur data.gouv.fr et interrogeable via l'API Sirene. Plusieurs rediffuseurs la rendent plus confortable à exploiter : l'Annuaire des Entreprises (service public), Pappers, Societe.com, ou les données du Registre national des entreprises de l'INPI.
Ce que vous obtenez
- L'identité juridique : raison sociale, SIREN, SIRET, statut, date de création.
- L'adresse déclarée de l'établissement.
- Le code APE :
56.10A(restauration traditionnelle),56.10C(restauration rapide),56.30Z(débits de boissons). - La tranche d'effectif.
Les limites
- Aucune adresse e-mail, aucun téléphone direct exploitable en prospection.
- Aucune information commerciale : type de cuisine, note, horaires, gamme de prix.
- Le code APE ne distingue pas une pizzeria d'un bistrot gastronomique.
- Des établissements administrativement actifs mais fermés dans les faits.
Bon pour : vérifier une identité, dédoublonner sur le SIRET, enrichir un fichier existant. Insuffisant seul pour prospecter.
2. Les plateformes cartographiques et d'avis
Elles concentrent l'information commerciale : Google Places API, TripAdvisor Content API, Yelp Fusion, et les plateformes de réservation (TheFork ne propose pas d'API publique de données).
Ce que vous obtenez
- Nom commercial, adresse, catégorie, note moyenne, nombre d'avis, horaires, photos, site web, parfois le téléphone du standard.
Les limites
- Les conditions d'utilisation interdisent le stockage durable et la constitution d'un fichier revendable ou utilisé pour la prospection.
- Pas d'adresse e-mail.
- Facturation à la requête et au champ demandé : sur 180 000 établissements, la note grimpe très vite au-delà des quotas gratuits.
- Données à récupérer établissement par établissement, sans export global, avec un risque de blocage.
Bon pour : enrichir ponctuellement l'affichage d'une fiche. À proscrire pour bâtir une base de prospection.
3. Les annuaires professionnels
PagesJaunes (groupe Solocal), les annuaires sectoriels CHR, les fédérations professionnelles (l'UMIH et le GNI ne diffusent pas de fichier public).
Les limites
- Périmètre partiel : seuls les établissements référencés ou clients apparaissent.
- Fraîcheur inégale d'une fiche à l'autre.
- L'extraction automatisée est contraire aux conditions d'utilisation.
Bon pour : le recoupement local, la vérification ponctuelle d'un contact.
4. Les données ouvertes et communautaires
OpenStreetMap référence les restaurants via les tags amenity=restaurant et amenity=fast_food, extractibles avec Overpass turbo. On trouve aussi des jeux de données locaux sur data.gouv.fr (métropoles, offices de tourisme).
Ce que vous obtenez
- Nom, coordonnées GPS, et selon la contribution :
cuisine=,opening_hours=, téléphone, site web.
Les limites
- Complétude très hétérogène : forte dans les métropoles, faible en zone rurale.
- Pas d'e-mail, données déclaratives non vérifiées.
- Licence ODbL : attribution et partage à l'identique, contrainte réelle pour un usage commercial.
Bon pour : la cartographie, les projets à budget nul, les zones urbaines denses.
5. Les courtiers en données B2B et plateformes de prospection
Kompass, Nomination, Corporama, Manageo, Societeinfo, Pharow, les outils d'enrichissement comme Dropcontact, ou les plateformes internationales (Apollo, Cognism, Lusha).
Les limites pour la restauration
- La restauration indépendante (une TPE, un seul établissement) est mal couverte par des bases pensées pour les décideurs de grandes entreprises.
- La segmentation par type de cuisine est généralement absente.
- Modèle par abonnement annuel et crédits, de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros par an, avec un coût au contact élevé sur du volume.
- Contacts nominatifs : obligations RGPD renforcées (information des personnes, droit d'opposition individuel).
Bon pour : cibler des groupes de restauration, des franchises, des sièges sociaux.
6. Le scraping, en interne ou externalisé
Développement maison (Python, Playwright), plateformes prêtes à l'emploi comme Apify, Phantombuster ou Octoparse, ou prestataire de collecte à la demande.
Les limites
- Fragile : les sites changent, les scripts cassent, la maintenance est continue.
- Zone grise juridique : conditions d'utilisation des plateformes et RGPD dès qu'il y a des données personnelles. La responsabilité de la conformité vous revient entièrement.
- Dispositifs anti-robot, blocages d'adresses IP.
- Aucune garantie de complétude ni de dédoublonnage.
- Coût réel : outils de 20 à 500 € par mois, plus le temps de développement, ou une prestation de 500 à plusieurs milliers d'euros.
Bon pour : un besoin très spécifique non couvert par une base existante, avec une équipe technique disponible.
7. Constituer et entretenir sa base en interne
Croiser SIRENE, cartographie, annuaires, puis vérifier manuellement et par test d'envoi. C'est la démarche la plus complète, et la plus coûteuse.
- Comptez 2 à 6 mois pour une première version nationale exploitable.
- Obsolescence rapide : près d'un établissement sur six change d'exploitant ou ferme chaque année (voir notre article sur les tendances de la restauration).
- Il faut re-vérifier en continu, donc mobiliser une ressource dédiée.
Bon pour : les acteurs dont la donnée restaurant est le cœur de métier.
8. Les bases consolidées prêtes à l'emploi
Un éditeur croise les sources ci-dessus, dédoublonne sur le SIRET, normalise les adresses, teste les e-mails par SMTP, qualifie le type de cuisine, puis livre un fichier accompagné de sa documentation RGPD. C'est la catégorie de Base-Restaurants.fr :
- Environ 187 400 établissements, jusqu'à 28 champs par fiche (voir données incluses).
- Exports CSV et Excel, JSON en formule Premium, accès API sur devis.
- Tarification à la ligne : 0,03 € HT avec e-mail, téléphone et fiche établissement, 0,10 € HT avec en plus la raison sociale, le SIRET et le nom, le prénom et l'âge du gérant.
- Documentation de conformité et fichier d'opposition livrés avec chaque commande (voir conformité RGPD).
La limite : vous dépendez de la méthodologie de l'éditeur. D'où l'intérêt de tester un échantillon gratuit de 50 lignes et de lire la notice qualité avant d'acheter.
Tableau de synthèse
| Solution | Coût indicatif | E-mail pro | Type de cuisine | Fraîcheur | Prospection B2B | Effort |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Registres officiels (SIRENE) | Gratuit à freemium | Non | Non | Bonne (identité) | Incomplet seul | Moyen |
| Cartographie et avis (Places API) | À l'usage, vite élevé | Non | Partiel | Très bonne | Interdit par les CGU | Élevé |
| Annuaires professionnels | Gratuit à payant | Parfois | Partiel | Inégale | Limité | Moyen |
| Open data / OpenStreetMap | Gratuit (licence ODbL) | Non | Partiel | Variable | Sous conditions | Moyen |
| Courtiers B2B | Abonnement annuel | Oui (souvent nominatif) | Rare | Bonne | Oui, RGPD renforcé | Faible |
| Scraping | Outils + temps | Rare | Partiel | Ponctuelle | Zone grise | Très élevé |
| Base interne | Coût humain, 2 à 6 mois | Selon effort | Oui | À entretenir | Oui, si documentée | Très élevé |
| Base consolidée | Dizaine à quelques milliers d'euros | Oui, vérifié | Oui | Mise à jour trimestrielle | Oui, doc fournie | Très faible |
Comparatif de fournisseurs de fichiers de restaurants
Au-delà des grandes familles, voici comment se positionnent plusieurs acteurs qui adressent spécifiquement la restauration ou la prospection B2B en France. Les chiffres sont ceux annoncés par chaque éditeur sur son site (consultés en août 2026), donnés à titre indicatif. La mention nc signifie non communiqué publiquement.
| Fournisseur | Type d'offre | Restaurants (chiffre annoncé) | E-mails | Type de cuisine | Tarification |
|---|---|---|---|---|---|
| Base-Restaurants.fr | Fichier + API | ≈ 187 400 (estimation) | ≈ 71 %, testés SMTP | Oui (18 catégories) | À la ligne, paiement unique (dès 0,03 € HT) |
| Data-B | Plateforme SaaS (carte interactive) | CHR (hôtels + restaurants), nc | Proposés, part nc | Filtres CHR, 80+ indicateurs | Étude dès 259 €, abonnements sur devis |
| Easyfichiers | Place de marché de fichiers | 130 000+ (restauration traditionnelle) | Proposés, part nc | Non | Dès 0,05 € HT / contact, minimum 79 € |
| Datassential | Intelligence food & beverage (États-Unis) | Marché nord-américain | Non (pas un fichier de prospection) | Oui (analyse de menus) | Sur devis (entreprise) |
| DuckFlow | Plateforme SaaS + API, signaux temps réel | ≈ 175 000 | Annoncés, part nc | Oui (30+ types) | Sur demande |
| Salesdorado | Média et comparateur (pas de fichier restaurant) | n/a | n/a | n/a | Contenu gratuit, fichiers gratuits à télécharger |
Ce que chaque solution apporte
- Data-B : plateforme de prospection terrain centrée sur le CHR, organisée autour d'une carte interactive avec plus de 80 indicateurs par établissement (avis clients, panier moyen, santé financière) et des filtres de solvabilité. Pensée pour les équipes commerciales plus que pour l'export de fichier brut.
- Easyfichiers : place de marché de fichiers avec achat et téléchargement immédiats. Annonce plus de 130 000 restaurants traditionnels (le fichier restauration rapide est vendu à part), une tarification au contact et une certification Privacy Protection avec DPO. Pas de segmentation par type de cuisine.
- Datassential : plateforme américaine d'intelligence food and beverage (analyse de menus, tendances produits, sentiment consommateur). Précieuse pour les industriels de l'agroalimentaire, mais ce n'est pas un fichier de prospection de restaurants français.
- DuckFlow : base CHR d'environ 175 000 restaurants enrichie en temps réel par des signaux de vente (ouvertures détectées sous 24 heures, changements de dirigeant, expansions multi-établissements), avec plus de 30 types de cuisine, synchronisation CRM (Salesforce, HubSpot, Pipedrive) et API. Tarification sur demande.
- Salesdorado : ce n'est pas un vendeur de données mais un média spécialisé dans la prospection B2B, qui publie des comparatifs de fournisseurs (Pharow, Societeinfo, Kaspr, Findymail) et met des fichiers gratuits à télécharger. Un bon point de départ pour se repérer.
Comment choisir selon votre besoin
- Tester un marché local : une ville ou un département via une base consolidée, ou OpenStreetMap si le budget est nul.
- Prospecter à l'échelle nationale : une base consolidée avec e-mails vérifiés et documentation RGPD.
- Cibler des groupes et des franchises : un courtier B2B orienté décideurs.
- Alimenter un produit data en continu : une API (base consolidée), ou du scraping maison pour un besoin très spécifique.
- Vérifier une identité ou dédoublonner : SIRENE, Pappers ou l'Annuaire des Entreprises.
Trois réflexes de conformité, quelle que soit la source
- Vérifier la base légale : l'intérêt légitime suffit pour la prospection B2B, dans les conditions rappelées par la CNIL. Détails dans notre guide RGPD et prospection B2B.
- Vérifier la fraîcheur : une base de plus de six mois contient typiquement 8 à 12 % d'établissements fermés.
- Vérifier le taux d'e-mails testés : un bon fichier B2B restauration atteint 65 à 75 % d'adresses renseignées et vérifiées.
Pour aller plus loin sur le choix d'un fournisseur, voir aussi où acheter une base de données de restaurants.
Les volumes cités sont des estimations. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Les descriptions des services tiers sont générales et peuvent évoluer.
Base-Restaurants.fr, la base de données des restaurants de France
187 400 établissements, 28 champs, CSV/Excel/API, conforme RGPD.